Cet article a été écrit initialement pour AgilBee Excellence par Nicolas DELAHAYE, Patrice PETIT (AgilBee) et Jean-Hugues CONGIA (Arcileo)

Les facteurs de réussite d’une Transformation Agile

Un premier élément pour expliquer les origines d’une rapide expansion des transformations agiles peut être trouvé dans les travaux de Charles Darwin en 1868 [DAR] et sur les travaux de Leon C. Megginson en 1963 [LCM] dont il a donné la synthèse suivante : « (…) le changement est un principe de base de la nature. (…) Selon l’origine des espèces de Darwin, ce n’est pas la plus intelligente des espèces qui ait survécu ; ce n’est pas la plus forte qui survit ; mais l’espèce qui survit est celle qui est la mieux à même de s’adapter et de s’ajuster à l’environnement changeant dans lequel elle se trouve ».  

Nous en retenons que les espèces évoluent pour mieux s’adapter à leur écosystème. Cela s’effectue par une mutation des gènes composant l’ADN. Ces gènes mutants sont transmis à la génération suivante de l’espèce ce qui a pour conséquence un ajustement. Cet ajustement peut être de trois ordres :

  • Une meilleur exploitation de l’environnement dans lequel les spécimens évoluent
  • Aucun apport réel
  • Une plus mauvaise adéquation avec son environnement

Cette évolution au travers des générations peut être extrêmement lente ou extrêmement rapide parfois lors d’événements violents comme la chute d’une météorite qui peuvent faire disparaître plusieurs espèces en même temps et offrir ainsi de nouvelles opportunités de développement à d’autres espèces.

Les entreprises, étant des systèmes organiques, ont, par conséquent, besoin de s’adapter à l’évolution de leur écosystème* par la modification de leur culture puisque celle-ci est leur ADN.

Si cela peut paraître comme une évidence pour certains, nous pouvons nous interroger sur la véracité d’une telle affirmation. Cependant l’exponentialisation de l’innovation et de la digitalisation [INNO] nous indique que l’écosystème évolue fortement ; et la durée de vie des entreprises traditionnelles [VUCA] est en chute libre, ce qui confirme qu’elles n’arrivent plus à s’adapter. Le besoin de se transformer face à un écosystème évolutif est donc bien réel et une nécessité.

Si nous explorons ce besoin d’entreprises plus précisément par rapport à leur marché, les mécanismes d’adaptation des entreprises traditionnelles doivent impérativement évoluer. Plus précisément, il faut bien comprendre que le besoin des organisations n’est pas de s’adapter pour améliorer leur performance par la réduction des coûts ou par mimétisme concurrentiel par exemple mais bien de s’adapter à un écosystème évolutif.

En approfondissant la réflexion sur la similarité avec la théorie de l’évolution, Charles Darwin parle de sélection et qu’elle s’effectue “petit pas” par “petit pas”, de génération en génération. En comparant ce modèle aux différentes entreprises existantes actuellement, nous observons l’arrivée de cette nouvelle génération d’entreprises telles que les  GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ; ce sont des entreprises plus agiles, massives et globales et les entreprises traditionnelles sont vues comme des entreprises de générations plus anciennes et moins résistantes à l’évolution. Ainsi ces entreprises de “nouvelle génération” les remplacent peu à peu en s’appuyant sur leur principale force, leur capacité d’adaptation de l’évolution de l’écosystème.

L’erreur faite par ces entreprises traditionnelles est qu’elles cherchent à évoluer par des mécanismes de changement qu’elles ont acquis et inclus dans leur culture d’entreprise, leur ADN. Et, en observant de plus près ces mécanismes, nous nous apercevons qu’ils sont fondés sur le remplacement de processus et d’outils par d’autres processus et d’autres outils. A contrario, en observant les mécanismes d’adaptation des nouvelles organisations, nous constatons que l’ADN, la culture d’entreprise, est totalement différente ; elles sont fondées sur un leadership adaptatif et des interactions plus fluides entre les services, une vision stratégique d’entreprise adaptative.

Une opportunité d’évolution pour les entreprises traditionnelles est alors de modifier leur ADN ; cela représente une modification intrinsèque à leur mécanisme d’adaptation au niveau de la culture d’entreprise.

En conclusion, les entreprises ont besoin de faire évoluer leur culture d’entreprise et d’inscrire dans leurs valeurs une adaptation continue face à un écosystème en perpétuelle évolution. Ce nouveau type de collaboration nécessite un nouveau Leadership plus adaptatif et une augmentation des interactions multi-services. En pensant à l’agilité de ces entreprises, on peut citer la publicité faite par ATARI [ATA] en 1982  : « Le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de le créer ».

Références

[MFA] Manifest For Agile Software Development,  http://agilemanifesto.org

[DAR] « Sur l’Origine des Espèces au moyen de la Sélection Naturelle, ou la Préservation des Races les meilleures dans la Lutte pour la Vie », Charles Darwin,1868

[LCM] Southwestern Social Science Quarterly, Volume 44, Number 1, Lessons from Europe for American Business by Leon C. Megginson, 1963

[INNO] Innovation et Digitalisation, Paul Belleflamme, 21 November 2017, http://www.ipdigit.eu/2017/11/innovation-et-digitalisation/

[VUCA] Vuca : “Le salut des entreprises face à l’Ubérisation”, JEAN-PAUL CRENN, Economie du Matin,  http://www.economiematin.fr/news-economie-tendance-entreprises-uberisation-definition

[ATA] InfoWorld, Publié par InfoWorld Media Group Inc, 20 sept. 1982 , page 68, https://books.google.fr/books?id=BDAEAAAAMBAJ&q=%22create+it%22&redir_esc=y#v=snippet&q=%22create%20it%22&f=false & https://quoteinvestigator.com/2012/09/27/invent-the-future/#note-4515-10

 

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